Gwenaëlle et le jeune Yvon

Je suis une Femme de quarante et un printemps, divorcée depuis six ans. Je m’appelle Gwenaëlle parce que ma grand-Mère maternelle et ma Mère étaient bretonnes. Je dirige une PME de sous-traitance automobile qui marche très bien. J’ai sous mes ordres dix techniciens masculins et deux secrétaires féminines, et je gagne ma vie mieux que bien. Comme voitures, je n’ai jamais possédé que de grosses Mercedes ou BMW à boîte automatique. En ce moment, j’en ai une de chaque marque et je vis à Neuilly dans un joli pavillon, au milieu d’un vaste parc où, l’été, je peux bronzer nue sans risquer d’être aperçue.

Ayant fait une mauvaise expérience du mariage, j’ai choisi de ne pas en contracter un autre. Je préfère satisfaire mes nombreux besoins sexuels avec quelques amants, que je mets en concurrence pour mieux les stimule, à qui je ne dois aucun compte et qui savent que je les « jetterai » dès qu’ils ont cessé de me plaire… ou qu’ils m’auront « ratée » au lit.

J’ai aussi des « Amies d’amour » dans les bras desquelles je trouve d’autres satisfactions, plus délicates et subtiles peut-être, mais ma vie sentimentale et sensuelle n’est pas l’objet de la présente « confession ».

J’ai en Ille-et-Vilaine une amie bretonne, Maryvonne, une charmante veuve qui a deux ans de plus que moi et dont le fils, Yvon, vient d’avoir dix-neuf ans, anniversaire que je suis allée célébrer chez sa Mère, laquelle lui a payé le superbe ordinateur Mac dont il rêvait, tandis que je lui offrais un appareil photo numérique « réflex », avec un bon zoom, qui lui faisait aussi envie.

Comme Yvon va poursuivre à Paris des études d’ethnologie, Maryvonne m’a demandé si je pouvais l’héberger. Étant plus que largement logée, et comme je les aime beaucoup tous les deux, je lui ai dit oui sans hésiter et j’ai ramené de Bretagne le jeune homme pour l’installer chez moi, dans une chambre spacieuse et claire qui donne sur le parc et comporte une alcôve à usage de petit bureau. C’est de lui que je veux parler et de notre relation assez ambiguë.

Depuis le premier instant où Yvon s’est trouvé en ma compagnie, j’ai senti qu’il me trouvait belle et m’admirait. Quels que soient son âge et son « statut social », je ne me trompe jamais quand j’ai ce genre d’intuition au sujet d’un « mâle ». À la façon qu’a Yvon de me regarder constamment à la dérobée, à l’air ravi qu’il prend dès que j’apparais, au silence respectueux qu’il observe sitôt que je prends la parole, à l’attitude déférente qu’il garde en permanence devant moi, le dos un peu arrondi et la tête basse, je sais et je vois que je lui fais beaucoup d’effet et qu’il m’a voué d’entrée de jeu une adoration sincère et naïve.

Cela excite à la fois ma curiosité et ma fierté de Femme, et aussi, je dois bien l’avouer, ma sensualité et mes désirs… auxquels, par égard pour mon amie Maryvonne, je ne veux pas céder. Je ne m’étais pas trompée : depuis qu’il habite avec moi, les attentions d’Yvon à mon endroit (et je vais tenter la plaisanterie pas très finaude : ainsi qu’à mon envers), son dévouement, n’ont jamais faibli. Au contraire, plus le temps passe, plus je constate que sa muette vénération va se renforçant…

Je l’ai dit, je l’aime beaucoup et je l’estime. Peut-être me fait-il inconsciemment penser au fils que je n’ai pas eu… Il est sérieux et travailleur et c’est un étudiant plutôt brillant. Blond aux cheveux longs et soignés, les yeux vert clair, grand, bien bâti et sportif, Yvon est ce qu’on appelle un beau gars qui doit (ou devrait) plaire aux Filles qui doivent trouver beau son visage souriant et quasiment imberbe.

Cependant, malgré son âge et son aspect physique, je suis certaine qu’Yvon est toujours puceau. Il est d’une incroyable timidité avec les Filles : en présence de l’une d’elles, et surtout si elle est jolie et sûre d’elle-même, il se comporte comme l’idiot qu’il n’est pas. Il pâlit, il transpire, ses mains tremblent, il bégaie, il ne dit rien d’intelligent.

Jamais, au grand jamais, Yvon ne m’a parlé d’une petite Amie, ni même d’une Amie tout court. J’ai même cru un moment qu’il était homo sans oser me le dire, mais quand j’ai osé aborder le sujet, il m’a parlé des gays avec un tel mépris que j’ai été obligée de le sermonner. Je n’ai plus jamais voulu aborder le problème de ses relations affectives en me disant qu’il saurait s’en ouvrir à moi le moment venu mais, jusqu’à présent, ce moment n’est pas encore arrivé !

Mais voici ce qui m’a étonnée malgré la certitude que j’ai toujours eue d’éblouir Yvon malgré moi. De lui-même, sans que j’aie jamais rien eu à commander, ni à demander ni même à suggérer (j’y insiste : je n’ai pas du tout cherché à asservir Yvon à mon profit), ce garçon s’est mis à me servir comme un véritable domestique, parfois même comme un véritable esclave ! Et comme, une fois que j’ai quitté le travail, je me sens plus paresseuse qu’une couleuvre au soleil, je me garde bien de refuser ses services. Bien au contraire, la situation me convient parfaitement, j’en profite et en abuse sans (trop de) scrupules ni de remords.

Je ne pense pas que le désir inavoué (et inavouable) qu’éprouve sans doute Yvon pour moi, dont je suis parfaitement consciente et qui l’empêche d’aller « voir ailleurs », soit tout à fait absent de sa conduite docile et empressée, voire servile, à mon égard, mais il n’en a jamais fait état.

Comme je n’ai jamais été très pudique et que j’aime la beauté de mon propre corps, sans penser à mal, je ne me suis jamais cachée de lui. Il m’est souvent arrivé de m’habiller et me dévêtir en sa présence. Souvent même, il m’y a aidée : par exemple, en fermant dans mon dos les agrafes de mon soutien-gorge, ou en zippant ma robe…

Sans que cela me choque, il a très vite pris l’habitude, quand je sors ou quand je rentre, de se mettre à genoux à mes pieds pour me chausser et me déchausser, ou pour m’enfiler mes mules d’intérieur. Naturellement, je vois bien qu’il en tire certain profit de voyeur car il ne peut s’empêcher de jeter des regards sournois (que je lui pardonne car je les trouve normaux) sous ma robe ou ma jupe, vers « mon intimité » comme il est écrit dans les romans de gare. (Par parenthèse, je hais le pantalon et n’en porte que pour le jogging, le cheval ou le ski : mes jambes sont trop belles pour que je les retire à l’admiration des gens !)

Et puis, un jour, par je ne sais quel miracle d’audace, comme il venait de me voir ceindre ma taille, sous une jupe, d’un joli porte-jarretelles noir aux fines dentelles bleues, il a osé me demander si je lui permettais… de m’enfiler les bas noirs que je venais de sortir de la commode. Quoique surprise (ou justement parce que je l’étais !), je l’y ai autorisé. Et j’ai été littéralement estomaquée : je ne sais d’où il tenait cet art, mais dès cette première fois (qui a été suivie de bien d’autres), aucun homme n’a jamais su, mieux que lui dérouler des bas sur mes jambes, sans les accrocher et sans qu’ils fassent le moindre pli ni torsade, puis les fixer aux jarretelles, juste avec la tension voulue. Un don inné semble-t-il, sans doute dû à la haute idée qu’il se fait de nous autres, les Femmes. En tout cas, une grande habileté et une douceur inégalable. J’en ai ressenti des picotements dans la vulve…

Yvon m’a souvent aperçue nue au bain ou sous la douche ; il lui est même arrivé plus d’une fois de me frotter le dos, et, bien sûr, certaines fois, je n’ai pas manqué de constater que certaine bosse tendait le devant de son pantalon de pyjama ou de son boxer. D’autre part, j’ai bien remarqué que certaines de mes petites culottes que je dépose après les avoir portées dans une jolie panière spéciale car je déteste que mes dessous, beaux, fins et coûteux, entrent en contact avec le reste du linge sale, disparaissent mystérieusement un soir du haut de l’entassement pour y réapparaître tout aussi mystérieusement le lendemain matin. J’en ai conclu que la masturbation, suscitée par mes sous-vêtements, est pour l’instant la seule forme visible de la sexualité de mon Yvon.

J’avoue que j’ai failli réagir négativement à ce constat et reprocher vivement à Yvon cet usage « pervers » de mes dessous, mais je me suis reprise à temps : pourquoi lui interdire ce plaisir si c’est le seul qu’il a et si, en plus, cela le rapproche de moi car, secrètement, je dois bien le reconnaître, je me suis sentie heureuse et fière de ce fétichisme quasiment « filial » dont je suis l’unique (et prestigieux !) sujet.

N’est-il pas toujours flatteur, pour une Femme, de se sentir préférée à toutes les autres ? Ne sommes-nous pas toutes contentes de savoir qu’un « mâle humain », quels que soient son âge et sa condition, peut s’émouvoir rien que par le contact ou la senteur de jolies petites choses qui ont touché notre personne, qui ont caressé notre si précieuse peau, en nos endroits les plus intimes et secrets, objets de toutes les convoitises masculines, ces dessous de luxe qui se sont imprégnés de nous et de notre Féminité et qui, du coup, peuvent devenir pour lui des objets de fétichisme enthousiaste et de pure vénération ?

Rien que de plus normal, selon moi, puisque nous-mêmes, par notre corps tout entier, par notre Être, par notre beauté et nos senteurs, par notre façon de nous comporter dans la vie, par la séduction qui émane naturellement de nous, par notre attirance sexuelle spontanée, par notre Supériorité de Femmes (à laquelle je crois très fort, et je le vérifie tous les jours au travail)…, nous sommes forcément des sujets d’adoration aux yeux d’un tel garçon !

Mais tout cela est toujours resté très pudique, ou du moins non explicite, entre moi et Yvon. Jamais il n’y a eu, de ma part ni de la sienne, le moindre geste déplacé, la moindre allusion équivoque ou graveleuse. Je n’ai même jamais réussi à le convaincre de me tutoyer : il ne me donne que du vous et du Madame, et me parle toujours avec déférence et humilité, tête basse et les yeux fixés sur mes pieds quand je m’adresse à lui ou qu’il a quelque chose à me dire ou à me demander.

En fait, j’ai pu me persuader au fil du temps qu’Yvon est né avec une âme de soumis. Qu’il est un serviteur inné comme il y en a trop peu. Quand j’ai évoqué mon projet d’embaucher une jeune bonne à tout faire pour me servir (en espérant in petto que, peut-être, il se laisserait « déniaiser » par elle), il s’est vivement rebiffé, ce qu’il ne s’était pas encore permis de faire et ce qui ne m’a guère plu. C’est tout juste s’il ne s’est pas fâché. Il a prétendu que je lui témoignais un manque de confiance, qu’il était vexé de ce que je ne semblais pas contente de son travail à mon service alors qu’y mettait tout son cœur et son ardeur à bien faire, et qu’il s’en sentait blessé et humilié.

J’ai cédé et, en le serrant dans mes bras, je l’ai rassuré en lui disant : « Mais non, mon grand corniaud ! Tu as raison. Je ne veux être servie par personne d’autre que par toi car personne ne pourrait le faire mieux que toi et je vois bien que tu fais tout pour assurer mon repos, mon bien-être et mon bonheur ! »

Je l’ai vu rougir de fierté. Il rayonnait. Il s’est incliné et il a pris mes mains dans les siennes. Il les a serrées avec une douceur empreinte de fermeté, et il s’est penché sur elles pour me les baiser avec passion, d’abord sur leur dos puis sur leur paume. Et, tout en me faisant sentir ainsi ses lèvres, il me remerciait de ma compréhension et de ma gentillesse !…

Le matin, Yvon se lève de bonne heure et prépare le plateau de mon petit déjeuner avant de partir à la fac. Puis, s’il lui reste un peu de temps devant lui, il tâche de se rendre utile, mais toujours de façon silencieuse afin de ne pas m’éveiller prématurément (car je ne me lève jamais avant neuf heures et demie pour n’arriver au bureau qu’une heure plus tard, car j’ai une totale confiance dans mes employé-e-s qui embauchent dès huit heures).

Par exemple, Yvon va laver, rincer et étendre mes dessous (j’ai fini par céder à sa demande fétichiste si souvent et si souvent exprimée), donner un coup de brosse à mes souliers, ranger un peu mon bureau car autant au travail j’exige que tout soit en ordre, autant chez moi je me laisse aller, comme il est normal quand on sait quelqu’un passera forcément derrière vous pour faire le travail, remettre les dossiers et les bouquins sur les étagères, refermer les tiroirs, vider la corbeille et le cendrier, emporter à la cuisine le verre vide, essuyer le plan de travail… Même le repassage pas trop compliqué (serviettes, torchons, mouchoirs, taies d’oreillers…), c’est Yvon qui s’en charge, le reste relevant du pressing où il se rend une fois la semaine.

Quand Yvon entend que je me réveille, il m’apporte mon plateau, me fait de grosses bises bien tendres, s’enquiert de la nuit que j’ai passée et me demande pardon de devoir s’en aller. Moi, heureuse et comblée, je me rendors tranquillement jusqu’au moment où mon réveil sonnera.

Quand il n’a pas cours, le samedi ou le dimanche, Yvon reste agenouillé à côté de mon lit pendant que je me sustente et nous bavardons de choses et d’autres, de ce que nous ferons pendant le week-end, des tâches qu’il aura à accomplir, des petites réparations qui commencent à devenir urgentes, de mes deux voitures qu’il faut absolument laver et nettoyer…

Je tiens à insister sur le fait que je n’ai jamais demandé à Yvon de se mettre à genoux : il l’a fait de lui-même et j’ai senti qu’il considère cette posture de respect comme naturelle de sa part, comme allant de soi, comme faisant partie du respect qu’il me doit, comme démonstration de sa soumission instinctive. De même, s’il vient à mon côté quand je suis dans mon fauteuil préféré pour lire, téléphoner ou regarde la télé, c’est automatiquement qu’il vient s’agenouiller sur ma gauche. Sans paraître le regarder (nous les Femmes sont habiles à ce jeu), je vois les regards tendres et énamourés qu’il me jette et qui me disent clairement : « Madame, si vous le voulez, je suis à votre disposition pour vous servir ainsi que vous le désirerez… »

Quand j’ai fini mon repas, je n’ai même pas à débarrasser le plateau. Je l’abandonne sur le lit ou la table de nuit, comme si j’avais à demeure une bonne ou un serviteur, car je sais qu’Yvon s’en occupera dès son retour.

En fait, je n’ai à me préoccuper DE RIEN, de rien QUE DE MOI-MÊME, du choix de ma lingerie, de mes vêtements et de mes souliers, de ma toilette, de l’arrangement de mes cheveux, de mon maquillage et de mon parfum. C’est très commode, très rassurant et très reposant pour une Femme. Et quel temps cela me fait gagner ! Et quels soucis de mains et d’ongles me sont ainsi épargnés !

Le soir, Yvon rentre avant moi. Parfois même, n’ayant pas cours, il est chez nous dans l’après-midi. Alors, quand il est venu à bout de son travail universitaire (qu’il termine souvent alors que je suis déjà couchée parce qu’il a accordé la priorité à mon service), il s’occupe à ranger les affaires que je laisse en désordre dans ma chambre, à y passer l’aspirateur et à refaire mon lit. Il n’est jamais aussi content que lorsqu’il peut m’annoncer, tout rayonnant d’une humble fierté : « Madame, je pense que vous serez satisfaite de moi. Ce soir, vous allez dormir dans un lit tout frais. Je vous ai changé les taies d’oreiller, le drap, la housse de couette, et j’ai profité du grand soleil pour bien aérer votre chambre. »

Quand il a fini ce genre de tâches, il commence à préparer le dîner car il se débrouille aussi très bien en cuisine. Pendant ses vacances, alors que j’étais à la mer avec un ami, il a d’ailleurs tenu à suivre un stage de quinze jours destiné aux hommes seuls et visant à leur apprendre à se débrouiller d’eux-mêmes pour se nourrir autrement qu’en ouvrant des boîtes de conserve ou en mangeant des plats préparés…

Quand je rentre du bureau, il vient vite à ma rencontre pour me débarrasser d’un manteau, d’un imper ou d’une veste, ainsi que de mon attaché-case. Je me laisse tomber dans mon fauteuil. Il se penche sur moi et on échange un gros câlin très chaste. Puis, il m’apporte un bon whisky on the rocks que je commence à siroter. Pendant ce temps, selon un rituel maintenant bien huilé, il s’agenouille pour me déchausser et m’enfiler mes chaussons, tout en me demandant si j’ai passé une bonne journée et si j’ai besoin ou envie de quelque chose en particulier. Ensuite, je n’ai plus qu’à aller me doucher ou prendre un bain à bulles relaxant, avant d’enfiler un déshabillé ou une robe de chambre et de mettre mes pieds sous la table.

Franchement, y a-t-il beaucoup de Femmes qui peuvent se flatter de rencontrer chez un jeune mâle un tel dévouement permanent, de telles constantes attentions ? Quand je lis des récits de Dominatrices qui ont réussi, en se donnant bien du mal, à asservir un mari, un beau-frère, un oncle, un neveu, un fiancé, un inconnu, je ne vois pas en quoi elles sont mieux servies, mieux obéies et plus heureuses que moi… qui n’ai strictement rien eu à faire, sinon à être belle et quelque peu intimidante, pour obtenir un résultat identique, voire supérieur !

Je viens d’écrire « mieux servies » et « mieux obéies ». Cela pourrait faire croire que je passe ma vie à donner des ordres à Yvon. Mais pas du tout ! Il me suffit d’exprimer (y compris par une fugace expression de mon visage, un battement de paupières ou un geste presque imperceptible…) un besoin, une envie, un désir, une timide suggestion, ou même un simple caprice… pour qu’aussitôt Yvon considère que je viens de lui donner un commandement et fasse alors tout pour me satisfaire.

Souvent même, il devine ce que j’ai en tête et devance ma demande. Un exemple : je suis dans ma chambre où je m’apprête à me mettre au lit pendant qu’Yvon, qui nettoie la table et passe le balai en dessous, va devoir s’occuper de la vaisselle. En retournant à la cuisine, il s’aperçoit que j’ai laissé traîner ma revue ou mon livre sur la table basse du salon. Je n’ai pas à l’appeler et je ne le fais surtout pas. Comme il sait que j’aime lire quelques moments avant d’éteindre, je n’aurai pas besoin de lui demander de m’apporter bouquin ou magazine : je suis assurée que, dans quelques minutes, il va venir frapper à ma porte et me tendra l’un ou l’autre avec un beau sourire ! Et cela n’a encore jamais manqué.

Pour le ménage, Yvon a adopté un système astucieux : il s’occupe d’une pièce ou deux, l’une après l’autre, par exemple le salon et le living, la cuisine et la buanderie, l’escalier et la terrasse, le couloir et la bibliothèque, puis sa chambre et celle des amis… Et quand il a fini, il recommence dans le même ordre… Avec ce roulement, tout est toujours aussi propre que si je disposais d’une servante en permanence. Les deux seules pièces auxquelles il donne ses soins quotidiens sont ma propre chambre et la salle de bains, dès que j’ai fini d’y faire mes longues ablutions.

Le week-end, que je sois à la maison avec lui ou pas, il s’occupe des vitres et des abords de la villa, mais pour le reste du parc, j’ai réussi à lui faire admettre qu’il était nécessaire, compte tenu de tout ce qu’il fait déjà, d’embaucher un jardinier professionnel. Ça n’a pas été sans mal !…

Je suis toujours sidérée par la quantité de travail que mon Yvon arrive à abattre sans compromettre ses études, et par sa résistance physique et morale : malgré ses courtes nuits, il ne semble jamais fatigué (peut-être justement parce qu’il ne fait jamais l’amour…). Il est toujours de bonne humeur et me parle constamment avec respect, humilité et gentillesse. Tout le contraire de mon imbécile d’ex-mari !

En fait, une seule chose le chagrine vraiment : c’est quand je lui annonce que je rentrerai tard ou, pis, qu’il ne devra pas m’attendre de la soirée ni de la nuit, ou que je pars seule en week-end car il sait alors que je serai dans les bras (et les draps) d’un homme et, il a beau m’aimer filialement et m’être soumis, il ne peut s’empêcher de se sentir jaloux de mes amants.

« Je vous voudrais toute à moi » a-t-il même osé me dire un jour, et c’est la seule fois où je lui ai balancé une grande paire de gifles que je regrette encore, tant elle lui a fait de peine et tant il a pleuré, en se sachant coupable et sans me faire le moindre reproche.

Quand j’y réfléchis, je me rends compte que la graine de la soumission est présente en Yvon depuis toujours. Maryvonne m’a assuré qu’à sept ou huit ans, sans qu’elle ait rien exigé de lui, il a commencé à débarrasser la table, à laver la vaisselle, à l’essuyer et à la ranger. À neuf ou dix ans, il passait l’aspirateur, dépoussiérait et cirait les meubles. À onze ans, c’est lui qui se chargeait de presque toutes les courses, cette odieuse corvée que mon Amie et moi avons en horreur… sauf quand il s’agit d’un lèche-vitrines pour des emplettes personnelles (dessous, sacs, parfums, bijoux…), mais ça n’a rien à voir…

C’est quand il a eu treize ans que son père est mort. Il s’est alors mis à aider encore plus efficacement sa Mère. Petit à petit, il s’est chargé de plus en plus de tâches, comme il le fait maintenant chez moi : porter les draps au pressing, laver mes dessous, entretenir mes chaussures et mes bottes, courir m’acheter mes produits de beauté et même de la lingerie, rédiger une partie de mon courrier, répondre à des questionnaires, tenir à jour certains comptes…

Peu à peu aussi, il s’est mis à m’entourer de plus en plus d’attentions. Puis, il a commencé à me faire de petits cadeaux sur les économies de son peu d’argent de poche. Ainsi, lors de mon dernier anniversaire, il m’a offert un ensemble assorti soutien-gorge, string, porte-jarretelles, jupon court tout diaphane et plissé, orné de jolie dentelle noire, le tout complété par une paire de somptueux bas fantaisie montant très haut sur la cuisse : une merveille d’érotisme de bon goût qui avait dû lui coûter bonbon ! J’ai trouvé cela non seulement très sexy mais également très émouvant. Et je suis sentie flattée à la pensée qu’Yvon doit « se serrer la ceinture » pour me plaire et me gâter ainsi, moi qui ai déjà tout ce que je veux. J’en avais ma larmichette, comme chaque fois que je trouve que quelque chose est très beau, une musique de Mozart ou de Verdi, par exemple…

J’ai tiré de ce sacrifice financier qu’il s’était imposé un profond, puissant et très plaisant sentiment : L’ORGUEIL D’ÊTRE UNE FEMME ! J’ai adoré !…

Me voyant ravie et contente de lui, c’est à moment-là qu’il m’a demandé en rougissant : « Madame, quand vous rentrez du travail ou d’un lèche-vitrines, que vous vous sentez bien fatiguée de votre journée, que vos jambes sont lasses et vos pieds endoloris, est-ce que ça ne vous plairait pas que je vous les baigne et vous fasse un bon massage de vos mollets et de vos plantes ? » (Il n’a pas parlé de mes cuisses, mais j’ai bien senti qu’il y pensait.)

Malgré mon bienheureux étonnement, j’ai dit oui tout de suite car j’ai su que ce serait quelque chose que j’adorerais : Yvon agenouillé devant moi, en train de prendre soin de mes pieds et de mes jambes ! Et ce fut le cas : j’avoue que, plus d’une fois, j’ai mouillé ma petite culotte en le regardant faire et en sentant ses mains sur moi. Il malaxait doucement ma chair, et si ça n’avait pas été lui, là, sous moi, mais un autre jeune mâle, j’aurais exigé qu’il me caresse, me fasse l’amour et me donne mon plaisir, avec sa bouche pour commencer…

Ses massages me font tellement de bien que je lui ai demandé, un dimanche matin, tandis qu’il s’agenouillait tout contre mon lit pour me présenter le plateau de mon petit déjeuner : « Comme tu l’as déjà fait pour la cuisine, ça ne t’intéresserait pas que je t’inscrive pendant tes congés à un stage, de trois semaines celui-là, dont j’ai entendu parler par une de mes secrétaires et qui t’apprendrait à mieux me masser encore, notamment le dos et les vertèbres cervicales ? C’est souvent une zone douloureuse chez moi et tu m’éviterais d’avoir à courir si souvent chez l’ostéopathe !… »

Sa réponse fut immédiate : « Bien sûr que oui, Madame ! Vous savez bien que je suis d’accord par avance pour tout ce qui peut vous plaire ou vous faire du bien !… » Pourtant, après un temps de réflexion, je l’ai vu froncer les sourcils : « Mais s’il vous plaît, dites-moi, Madame, qui va s’occuper de vous pendant ce temps-là ? »

Effectivement, servie comme je le suis, je ne me voyais pas me mettre à me charger de tout ce que fait Yvon pour moi ! Je l’ai rassuré : « Ne t’inquiète pas, Yvon, j’embaucherai une servante intérimaire pendant ton absence. Ce n’est pas ce qui manque sur le marché du travail… »

Il m’a fait jurer que, même si j’étais satisfaite d’elle et de son service, je renverrais la Fille dès son retour de stage et je le lui ai promis. Alors, il a ri et il m’a serrée dans ses bras en me baisant les cheveux, les joues, le nez, le front, le cou… J’ai eu un instant le désir qu’il me baise aussi les lèvres, mais il est resté correct… et moi aussi !

« Oh, merci, Madame ! Vous êtes si bonne ! Alors, je partirai sans crainte et je peux vous garantir que j’apprendrai le maximum pour que vous soyez contente de moi et de mes soins !… »

Ainsi fut fait et, depuis les derniers congés de Pâques, il me masse à merveille. Nue, et absolument sans gêne, je m’étends à plat ventre sur la table de massage, je pose ma tête de côté, appuyée sur une joue, je ferme les yeux et je me livre à ses mains expertes. C’est fou le bien qu’il me fait, surtout au cou et le long de l’épine dorsale !

La gêne ne survient (et encore très vaguement) que lorsqu’il s’occupe de mes seins et qu’il les soulève pour passer ses mains au-dessous et qu’il les presse avec délicatesse. Heureusement, il reste imperturbable, très « professionnel », et je me détends comme si j’avais affaire à un masseur quelconque. Je me contracte aussi un peu quand il arrive à mes reins et qu’il se met à en pétrir le creux, ainsi que ma taille et mon fessier, mais cela passe vite, et il ne reste plus en moi que le bonheur intense de sentir mes chairs délicieusement malaxées.

J’ai d’abord eu peur que des « mauvaises pensées » ne finissent par venir à Yvon, mais pas du tout : comme je l’ai dit, il a continué à procéder comme un vrai kiné et ses mains n’ont pas « caressé » pas mes fesses, elles les ont doucement triturées, avec une grande retenue, comme si leur vue et leur contact ne lui faisaient rien, et j’avoue que j’ai trouvé ça commode, bien très agréable… et très excitant. Maintenant, j’ai une telle confiance en Yvon, en sa bonne conduite et en son habileté que je lui demanderai bientôt de me masser les cuisses, même si pour cela ses mains devront inévitablement effleurer en toute innocence mon sexe, qui sera évidemment nu, et ma toison…

Pour donner une idée de sa discrétion, au début, quand il me massait le dos, il me recouvrait le derrière d’une serviette. Lorsqu’il arrivait à mes fesses, il devait donc passer ses mains en dessous et je sentais bien que ce n’était pas du tout pratique pour lui. Un jour, un peu agacée par ces ridicules simagrées, je lui ai dit : « Cessons d’être hypocrites et ridicules, tu veux ! Mon cul, tu l’as déjà vu plus d’une fois… Alors, enlève-moi vite fait cette serviette qui t’empêche de faire ton travail comme il faut et qui gâche mon plaisir ! » Il m’a obéi, bien sûr, et il s’est remis à me travailler le derrière, comme un pro.

Mes fesses, je les sentais s’écarter doucement sous les paumes d’Yvon et je pensais : « Il est certain qu’il voit mon anus. Cet endroit caché, serré et chaud où j’aime tant sentir s’attarder la bouche et la langue d’un amant ou d’une gougnotte, et qui n’a jamais reçu rien d’autre… Et s’il lui prenait envie de se pencher et de se mettre à me le lécher, lui aussi, à y fourrer sa langue ? On ne sait jamais ce qui peut se passer dans la tête d’un jeune homme lorsqu’il est exposé de si près aux beautés et aux tentations de la Femme… Et, connaissant la patience et la douceur d’Yvon, je suis certaine que sa caresse serait longue et délicieuse…Qu’est-ce que tu ferais, Gwenaëlle ? Tu te fâcherais, tu crierais, tu t’indignerais, tu giflerais le pauvre Yvon une nouvelle fois ?… Ou bien tu le laisserais faire avec délice jusqu’à ce que tu jouisses sous sa bouche et sur sa langue ? »

Honnêtement, je ne savais plus trop. Plus honnêtement encore, je pense que, si Yvon avait « dérapé », j’aurais été incapable de refuser sa caresse car en général je trouve ce genre d’attouchement anal trop bon, peut-être un peu « humiliant » pour celui ou celle qui le donne, et donc encore meilleur pour moi…

Au contraire, je me serais probablement tendue vers ses lèvres et sans doute même aurais-je donné des conseils à Yvon pour que ce soit encore plus « jouissif » pour moi ! Bref, étendue bien à l’aise sur cette table de massage, je rêvais, je m’excitais, j’attendais presque de sentir la langue d’Yvon se mettre à lécher mon œillet si sensible (que seules des langues ont forcé, je le répète)… et je me faisais l’effet d’une belle garce ! Mais rien n’était plus plaisant et excitant que ces pensées…

Mon désir, très fort puisqu’il devait rester contenu et que je m’interdisais de le satisfaire, lubrifiait ma chatte à l’extrême. Je ne savais pas comment je pouvais résister à l’appel de mes sens, alors que j’étais sûre qu’Yvon bandait comme un jeune cerf en rut, même s’il continuait sans trembler le massage de mon corps.

Je me disais que, dès qu’il m’aurait fait relever et recouverte de mon peignoir éponge, je filerais vers ma chambre et que, là, mes doigts, mes godes ou mes vibromasseurs soulageraient vite mon irrésistible envie de jouir. Et tant pis s’il entendait les gémissements et mes cris de jouissance !…

Je me disais aussi qu’une Femme qui n’a jamais eu le derrière aussi intelligemment pétri ne sait pas quel bonheur physique cela peut procurer.

***

J’entends d’ici certains lecteurs et lectrices (s’il y en a !) dire : « Il n’y a pas grand-chose de vraiment scabreux là-dedans ! » Pourtant, avec Yvon et grâce à lui, je vis souvent des situations d’un érotisme intense. Chaque fois qu’il vient me servir (au lit ou à table par exemple), en me regardant avec une adoration que je n’ai encore jamais remarquée chez aucun homme, je ne peux m’empêcher de mouiller et d’éprouver une forte envie d’avoir mon plaisir.

Je voudrais que ma chatte soit explorée par des doigts légers et une langue habile, avant d’être emplie par une bonne grosse queue bien chaude et vaillante, capable de me besogner longuement sans faiblir. Mais je sais que ces mains, cette langue, cette queue ne PEUVENT PAS être, ne DOIVENT PAS être celles d’Yvon.

L’idée même de l’inceste, ce tabou des tabous (même si ce n’en serait pas du tout un puisque nous n’avons aucun lien de parenté) me bloque instantanément. Je tiens en grande abomination les rapports sexuels entre Mère et fils ou père et Fille, car je pense qu’au-delà des satisfactions sensuelles immédiates que l’adulte peut en tirer (mais beaucoup plus rarement, ou même jamais, l’enfant), les dangers sont nombreux de perturber gravement et durablement le développement harmonieux d’une jeune personnalité et de l’envoyer se perdre pour un bout de temps du côté des psychiatres ou des psychanalystes, si ce n’est de la dépression prolongée…

Par respect de mon engagement moral vis-à-vis de Maryvonne, et aussi à cause d’une véritable tendresse pour son Yvon, je ne voulais pas déflorer ce garçon, qui s’était spontanément fait mon vaillant et infatigable esclave. Quand je me sens trop chaude, et que je suis « en mal de mâle », je n’ai donc d’autre solution que de courir chez mon amant le plus proche. Par chance, il habite à deux maisons de la mienne et il est célibataire. Un appel : « Es-tu seul ? » suffit à lui faire comprendre que j’ai un grand besoin de « baiser » et de jouir plusieurs fois. S’il est libre, comme la plupart du temps, je file tout de suite chez lui, en prévenant Yvon que je ne rentrerai peut-être pas, ce qui lui assombrit tout de suite le visage et me conduit à lui dire : « Puisque tu dis que tu m’aimes tant, tu devrais te réjouir pour moi, au contraire ! »

Il se résigne avec un soupir, m’aide à passer un vêtement et je sors en toute hâte. Mais si cet homme-là est indisponible, j’ai d’autres « roues de secours » des deux sexes dans Neuilly, le seul inconvénient étant que je doive aller chez eux (ou elles) en voiture.

J’ai souvent été tentée de faire venir chez moi un amant ou une des Filles avec qui je couche de loin en loin, mais j’y ai renoncé malgré l’excitation que l’idée avait fait naître en moi : je crois que ça ferait trop de mal à Yvon, et ça je ne le veux à aucun prix.

Côté érotisme, il y a aussi ce désir permanent et retenu dont je sais qu’il habite Yvon. Comme à la maison il est presque toujours en pyjama ou en boxer short, il faudrait que je sois aveugle, comme je l’ai déjà dit, pour ne pas voir comment le devant de son vêtement se gonfle quand il me chausse ou me déchausse, quand il me masse, et même quand il me sert. J’ai déjà dit aussi qu’il lave mes sous-vêtements, ce qui est pour lui une puissante source d’excitation. Ne l’ai-je pas surpris plus d’une fois le visage plongé dans une brassée de me slips, strings, soutiens-gorge, bas et porte-jarretelles en train de les humer à pleines narines et d’en lécher le fond avec ferveur ?

« Oh, excusez-moi, Madame ! Ce fut plus fort que moi », c’est tout ce qu’il trouva à dire en rougissant et en laissant tomber mes fanfreluches de luxe dans la bassine. Et moi : « Ne t’inquiète pas, mon garçon, je ne suis pas fâchée du tout ! Continue tranquillement ton travail… ». Alors que j’aurais voulu lui crier : « Mets-toi tout de suite à genoux devant moi et demande-moi pardon en me baisant les pieds… puis passe ta tête sous ma robe et suce-moi jusqu’à me faire jouir ! » Au lieu de quoi, je courais dans ma chambre me masturber un bon coup pour faire tomber la pression.

***

Entre autres dons, Ivan a celui du dessin. Un jour, par hasard, je suis tombée dans son bureau sur un de ses carnets qu’il avait omis de ranger. Sa couverture m’a donné un tel choc que j’en ai eu les jambes toutes molles et que j’ai dû m’asseoir, pendant que mon front se couvrait de sueur et que mes mains devenaient moites. Je vais essayer de donner une idée de ce que je voyais.

Au sommet de quelques marches recouvertes d’un tapis rouge, un magnifique trône doré, de vastes dimensions, avec moulures, volutes et pieds chantournés, s’élevait au centre d’une pièce luxueuse. Il était surmonté d’un dais rouge d’où pendaient glands et festons. On devinait que ce siège royal et son haut dossier avec appuie-tête, recouverts d’un épais capitonnage de cuir fin, étaient fort moelleux sous l’appui du dos et des fesses, et d’un confort parfait. Cette impression était renforcée par le fait que les larges accoudoirs étaient eux aussi bien rembourrés et qu’une barre de cuivre, de position réglable se prêtait à l’appui et au repos… de mes pieds, barre très utile certainement mais que je n’utilisais pas on saura bientôt pourquoi.

illustration 2Oui, c’était bien MOI qu’Yvon avait représentée de façon très ressemblante, impérialement assise sur ce trône, encadrée de deux esclaves agenouillés, l’un noir, l’autre blanc, qui m’éventaient à l’aide de vastes chasse-mouches ! Mes avant-bras reposaient bien à plat sur les accoudoirs. Ma pose était hiératique comme celle d’une reine d’Égypte et je portais sur mes cheveux merveilleusement coiffés un diadème manifestement fait d’or et de pierreries. En guise de sceptre, je tenais une cravache.

Mon corps et mes dessous se devinaient sous la blanche tunique transparente qui me couvrait du cou jusqu’aux poignets et aux pieds, et qui s’ornait d’un mince ruban de dentelle noire, au col, au bout des manches et à l’ourlet. Ouverte au-dessus de mes genoux, cette tunique donnait un aperçu sur mes cuisses que gainaient de longs bas noirs.

Yvon, dont le visage était tourné vers le spectateur, s’était représenté étendu par le travers sur l’estrade, sous mes pieds chaussés de belles sandalettes, à quatre pattes afin que son dos soit à bonne hauteur pour le confort de mes jambes, en appui sur ses genoux et sur ses coudes, en une posture peu naturelle qu’il ne lui aurait probablement pas été commode de tenir longtemps !

Et au-dessus de tout cela, en grandes lettres minutieusement travaillées, dont l’épaisseur était emplie d’une peinture à l’or, on lisait l’inscription disposée en arc de cercle MA DÉESSE, tandis que sous le trône, dans le même genre de lettres mais plus petites, on lisait dans un arc inversé : ET SON JEUNE ESCLAVE. Je n’ai pas pu m’empêcher de me trouver magnifique et impressionnante, tout en admirant le talent de ce jeune homme…

illustration 1Bouleversée, le ventre crispé d’un incroyable désir, je me suis mise à feuilleter le carnet. Il était empli de dessins, tous me représentant dans des postures diverses, dont chacune était d’un érotisme torride. On m’y voyait me faisant sucer par des Femmes et des hommes, baisant avec de beaux étalons, surtout des hommes noirs, musclés et bien membrés, les chevauchant, les possédant, cherchant sur eux mon plaisir, visiblement sans du tout me soucier du leur… Sur aucune image on ne me voyait faisant une fellation ni me laissant sodomiser, et j’en fus reconnaissante à Ivan. « Ah, Yvon, comme tu me connais bien ! Comme tu sais ce que j’aime et ce que je déteste » » me suis-je dit, non sans fierté.

Sur l’une des vues, pour moi aussi réussie que la couverture, et peut-être encore plus suggestive, Yvon s’était imaginé étendu à plat dos sur le sol, et regardant sous ma jupe qui le surplombait ! C’était si bien fait, si « photographique » et réaliste, que moi-même je fus émue de me voir ainsi.

Tout était attirant sous le tissu vaguement diaphane, le flottement du bord de la jupe, le joli fût de mes jambes et de mes cuisses montant vers mes hanches, les bas noirs qui mettaient en valeur ma chair dorée et douce, le bel épanouissement de mes fesses avec l’entrejambe du slip s’étrécissant et disparaissant entre elles, enfin le triangle de la petite culotte blanche tendu sur mon sexe avec, au milieu, nettement dessiné, le léger sillon de ma vulve portant une infime trace d’humidité intime…

Et je me dis alors : « Ah, les hommes ont bien de la chance de pouvoir contempler de telles Beautés ! »

***

Le seul souci que j’ai, c’est de me dire qu’en toute autre circonstance, je me « taperais », « m’enverrais » le beau jeune homme plein de douceur et d’ardeur qui me sert et s’occupe si bien de moi et de mon corps. Je commencerais par m’en faire caresser à ma guise, aussi longuement que je voudrais, de la manière que j’aime, aussi souvent que j’en aurais envie, et que, l’ayant sous mon toit, sous ma main, en disponibilité totale et permanente, je le posséderais selon mon bon plaisir, plusieurs fois par jour… et aussi la nuit car il m’en faut beaucoup pour me contenter, comme le savent mes amants !…

Mais voilà, c’est impossible car ce bel éphèbe, si tentant pour une Femme de mon âge, il est COMME UN FILS pour moi et j’aurais l’impression de trahir sa Mère, ma très chère amie. Eh oui, je suis faite ainsi : si je suis très sensuelle et gourmande de volupté, je suis aussi très morale et stricte sur certaines convenances !

Alors, pour compenser, je sors davantage, pour la plus grande peine et le plus grand dépit d’Yvon, et je me choisis des partenaires de plus en plus jeunes, en ayant je ne sais comment le chic pour repérer… ceux qui ressemblent à Yvon et qui, comme lui, sont d’une nature plutôt soumise, des amants donc qui font CE QUE JE VEUX, QUAND JE LE VEUX ET COMME JE LE VEUX, et qui me donnent beaucoup de plaisir car, en baisant avec eux… c’est à Yvon que je pense !…

Pour compenser aussi, je me fais la liste de tous les avantages que je tire de la situation. Un claquement de doigts, un mouvement de l’œil, parfois même pas nécessaires, et j’obtiens ce que je désire, ce dont j’ai besoin, ce qui me tente sur l’instant. Je suis servie comme une Reine, entourée de prévenances et n’ai à m’occuper, en dehors de mon travail que j’adore, que de mon bien-être, de mes loisirs, de mes plaisirs et de MOI-MÊME.

Toute Femme qui se trouve ou s’est trouvée dans une situation pareille me comprend forcément. On ne peut que se sentir pleinement comblée, heureuse, et, je l’avoue volontiers, d’une Nature Supérieure.

Parfois cependant, je me reproche de voler à Yvon sa sexualité et sa jeunesse, mais je me rassure aussitôt en me disant que c’est LUI qui se met constamment en mon Pouvoir, qui se réduit à ce servage, qui ne voit au monde que MOI, qui ne respire que PAR MOI et POUR MOI, sa Dominatrice bien-aimée, et qu’il semble parfaitement satisfait de son sort, tout à fait à l’aise dans la vie, dans SA vie, celle qu’il s’est CHOISIE, celle d’un véritable esclave qui ne dit pas son nom…

Je ne lui vole rien du tout puisque C’EST CELA SON BONHEUR : m’appartenir et me servir !

Si un jour une belle jeune Femelle surgit dans l’existence d’Yvon, ou – pourquoi pas ? – un autre beau jeune homme (s’il change d’avis sur les homos), je ne ferai rien pour contrarier ses nouveaux penchants et le laisserai me quitter, s’envoler vers son avenir, hors de notre nid douillet où il me rend si totalement paresseuse et heureuse.

Mais alors, je regretterai tellement d’avoir perdu mon beau et jeune serviteur, mon esclave de toujours, et la belle et agréable vie qu’il me procurait, que, sans aucun doute possible, je chercherai à asservir pour de bon un jeune mâle qui lui ressemblera.

Gwenaëlle

4 Commentaires

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  3. Bonjour, Mesdames.
    Je relève deux erreurs, sans doute imputables aux doigts malhabiles du « dactylographe » qui ont dû « fourcher » : « (nous les femmes sont[pour sommes] habiles à ce jeu) » et « une brassée de me [pour : mes] slips ». Cela peut-il encore être corrigé ?
    Avec tous mes plus humbles respects à Maîtresse Marie Séverine (dont j’adore le double prénom) et mes empressées salutations à toutes les Lectrices, dont on aimerait connaître le Jugement.

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