Quelle est la vraie contrainte ? Discussion avec Renaud

Cet article est écrit par Marie Séverine et Renaud, fidèle lecteur du site, qui a souhaité éclaircir des points cruciaux de la relation de domination de la femme dans le couple.

Renaud : J’ai une question franche et directe pour vous. Dans l’un de vos commentaires vous signalez que vous préférez domptez un tigre qu’un agneau, pour rebondir sur cette remarque voici ma question. Estimez vous toujours être dans une relation amoureuse entre une femme et un homme chacun égal dans la relation ou bien le fait de s’enfoncer (pas au sens négatif mais littéral) plus en avant chaque jour dans l’aspect Maitresse-soumis contribue de fait à sortir de ce schéma.  

Marie Séverine : La question est suffisamment subtile pour mériter une réponse approfondie. Elle sera le reflet de mon propre point de vue, je ne suis pas la porte parole de quelque groupe que ce soit, je préfère le préciser.

La relation Dominante soumis au quotidien est un mode de vie entre deux adultes qui s’aiment et se respectent. Cette phrase résume la situation, chaque mot compte. S’il en manquait un seul, ce serait une relation d’esclavage par intérêt de l’un, et ça ne serait pas admissible. Tant pis si je déçois certains dont c’est un fantasme, mais toutes les femmes dominantes ici le savent parfaitement, et dans leurs mails elles le précisent tout de suite : nous aimons nos compagnons.

Gainsbourg disait quelquefois « dans un couple, il y en a toujours un qui souffre et un qui s’ennuie ». Une énième provocation (j’aurais bien aimé expliquer à Jane la cage de chasteté ^^) mais il y a du vrai.

Dans un couple Dominante soumis, cet « enfoncement » dont tu parles se fait par effet de miroir, et procure une aventure qui apporte chaque jour son lot de découvertes, y compris de découvertes sur l’autre, car il ne peut pas y avoir d’indifférence. Nous nous scrutons en permanence…

Renaud : Un couple vanille très amoureux vivra nécessairement des hauts et des bas, des tensions et des disputes (enfants, vie pro, famille, obligations…) le couple amoureux surmonte cela et ce que j’appelle la balance du couple sera (pour un couple amoureux) le plus souvent à l’équilibre mais parfois elle penche d’un côté ou de l’autre. Ce qui m’interpelle dans vos différentes interventions (articles et/ou commentaires) c’est justement cette absence de confrontation, vous ordonnez il obéit…

Marie Séverine : C’est vrai, mais c’est en partie un trompe l’œil, car c’est le résultat visible. En réalité la confrontation est permanente, car les frontières sont en perpétuel mouvement. Ce n’est pas une confrontation dans le sens d’une « guerre » mais le rapport est de la nature d’un rapport de force. Ta question sur cette notion de « confrontation » est tout à fait intéressante, et me fait réfléchir avant d’expliquer. Il y a eu pour nous au départ une sorte de « jeu », de « défi ». Est ce que ce serait possible Pourrait il résister, s’il met le doigt dans l’engrenage (et plus exactement le sexe dans la cage de chasteté…) ? On a décidé d’y aller, tous les deux par désir, goût, et … complicité. Il a été malade 6 mois, et on a tout arrêté pour nous consacrer tous les deux à sa guérison, ce qui en dit long sur notre « fond », mais pour reprendre ensuite de plus belle ^^. Nous sommes joueurs, donc nous n’avons pas fait semblant. Il peut de moins en moins résister, mais il l’a fait. Et c’est une des raisons pour lesquels mes conseils sont mesurés. Il faut être sincère et humble, avancer en essayant. Et oui, quand j’ordonne maintenant, il obéit. C’est trop dangereux de ne pas le faire. Mais cela n’empêche pas que loin de la piste de cirque, il arrive qu’il y ait des loupés, et même que je les pardonne.

Renaud : Tout d’abord merci à vous, Marie Séverine, je n’emploie volontairement pas le Madame car cela sonne creux devant un prénom même si je vous porte beaucoup de respect ne serait-ce que pour accepter cet échange.

Rien ne vous oblige à cela et c’est une preuve de votre ouverture d’esprit et de sa tolérance. Je voudrais rebondir sur la fin de votre intervention, « c’est trop dangereux de ne pas le faire ».

Ci dessous mes réflexions à ce sujet. Avant toute chose je tiens à préciser que je trouve qu’un couple femme-Maitresse/homme-soumis est supérieur aux autres formes de couples du fait de l’absence de mensonge, d’une extraordinaire capacité d’auto-analyse, d’une mise à nu moral totale vis à vis de l’autre, d’une absence de jugement moral ou autre sur son moi intime mais que pour autant il n’est pas nécessaire que l’un des deux soit « supérieur » à l’autre. Libre arbitre et maîtrise de sa destinée.

Du fait de mon éducation, de mon milieu, de mes valeurs cette apparente hiérarchie dans le couple serait-il de nature « Maitresse-soumis » me pose problème. Je me sens tout à fait capable de gérer ma vie et ma destinée sans référer à ma compagne-Maitresse ce qui ne veut pas dire que son jugement, ses avis, ses conseils, son soutien… ne soit ni pris en compte ni important.

Pour le dire autrement, je n’arrive pas à croire durablement qu’une femme puisse continuer d’admirer un homme qui n’est pas son égale. Intellectuellement parlant cela me semble plus puissant de savoir que l’on domine son homme peut-être même contre son gré parfois parce que justement on arrive à s’imposer à lui, à prendre le dessus sans lui renier sa « liberté » et son « libre arbitre ».

A titre d’exemple quelques questions simples que tout cela m’amène à me poser

1°/ Et si je vous dis que ce week end c’est la femme et le mari. Pas de jeu, pas de contrainte, genre un w.e farniente, bien entendu je vais plus loin, vous vous occupez des repas, il s’occupe des courses.

2°/ Dans le même état d’esprit, j’ai une soirée garçon, c’est l’été, piscine, alors au cas ou je vous demande d’enlever la cage.

3°/ Je vous dis que j’ai simplement pas la tête à ca, pas envie de perdre 2h dans vos punitions d’immobilisation, de vénérer vos chaussures 2h, bref pas ce soir, pas ce we.

4°/ Et si ce soir on faisait l’amour « normalement » l’homme qui pénètre la femme, préliminaires, tendresse, caresses…

Quid de votre réaction à ces quelques exemples. En filigrane et si c’était lui qui n’a pas envie ?

Marie Séverine :

Toujours de belles questions, je vais essayer d’être à la hauteur ^^

1. Ça arrive. Et oui, ce n’est pas du tout anormal. Il y a un niveau minimal, que j’appelle « le plancher », mais il n’est pas très contraignant. Par exemple il ne se mettrait pas à me tutoyer, c’est devenu quasiment impossible. Et ses contraintes peuvent être débrayées d’un seul mot de ma part. Tant que c’est moi qui décide, nous sommes dans les clous. Mais attention, je ne suis pas le roi solitaire du petit prince, je ne décide pas ce qu’il attend. Je décide vraiment. Pourquoi dans certains cas ? Réponse dans le 3.

2. Il se baigne avec la cage. Nous en avons plusieurs, et une est adaptée à la baignade. Elle est souple et moins sécurisée que les cages habituelles, mais il ne va se mettre à se tripoter en se baignant à la plage ou avec ses amis, n’est ce pas ? Elle est assez discrète aussi. Si un relief risque d’apparaître, on met une sopalin plié en 4 devant pour atténuer. En cas de chocs, on ne sent rien, on ne met pas de cadenas mais un fil de fer entortillé, ou un morceau de cordelette avec les 2 bouts fondus ensemble au briquet. Tu vas me trouver très précise voire obsessionnelle sur le sujet. C’est vrai. Mais tu n’imagines pas ce que peut arriver à faire mon mari pour jouir tout de même. Hélas, il est tombé sur une « kehholder » extrêmement attentionnée et organisée ^^

3. Contrairement au point 2, je vais aller dans ton sens, et même plus loin. La relation D/s impose aux deux partenaires de s’observer sans cesse. C’est une grande différence avec beaucoup (pas tous!) les couples vanille. Lui est en permanence en train de jauger mes désirs, mes humeurs, pour anticiper, faire ce qu’il faut, éviter les erreurs, être prévenant. Il me guette. Pourra t il demander quelque chose ? Sent il une possibilité de me surprendre et de me rendre plus généreuse ? De mon coté, je le guette également sans cesse. Dès que je rentre, dès que je me lève, je m’occupe de lui, d’une certaine façon. Personne ne se lève et va chacun dans son coin, chez nous. Parmi les choses que je guette, c’est son timing à lui, ses « retours ». S’il est en overdose, je suis prête à parier que je le sens avant lui. Je ne me suis jamais sentie aussi proche, intimement et mentalement, d’un homme, que depuis que nous sommes dans cette relation avec mon mari. Et quand je sens chez lui une usure, ou une déroute stérile (il y en a des utiles), je relâche la bride. Pourquoi imposer dans ce cas. J’ai des amies qui font de l’équitation, il y en a parmi les lectrices de ce blog. Elles maîtrisent au doigt et à l’œil un animal de 500 kilos qui pourrait à tout moment les envoyer voler. Mais certaines fois, elles sentent que ça n’est pas le jour, et elles laissent le cheval au paddock. Au tout début tu te demandais ou est la vraie contrainte, en remarquant l’absence de confrontation visible. Et c’est cette question subtile qui m’a donné envie de faire cette article avec toi. Je n’ai pas de réponse, tant cette contrainte est à la fois réelle et dosée. Une des réponses possibles serait qu’en réalité il n’y en a aucune.

4. Bien sur que ça arrive. C’est un des plaisirs. Il est du reste puissamment démultiplié dans ce cas.  

Je publie cet article à ce stade. Ce qui ne veut pas dire que c’est terminé, mais que d’autres peuvent s’insérer dans la discussion, ce qui est l’esprit de ce blog. Merci à toi.

23 Commentaires

  1. Bing, chuis jaloux de Renaud ahaha (sûrement pas… une femme mariée !). Il a dit le mot-clé, pourtant le plus petit substantif de tout le dialogue : gré.
    Marie-Séverine, vous êtes précise à l’extrême, vous adorez votre mari et vous le « drivez » avec une précision remarquable. Très cérébrale, vous avez besoin de repères rassurants ou solides, aux deux sens du terme : fixation au mur, cage spécifique, limites précise des mouvements au lit, bandeau/cagoule à transparence contrôlable, etc. j’ai pas encore tout lu. On pourrait y voir de la maniaquerie, il s’agit de perfectionnisme, et votre chéri reçoit, somme toute, une domination d’une rare qualité.
    Où est le « gré » ? J’y viens. Qu’est-ce qui fait que votre cadeau est d’une telle qualité ? Je ne peux m’empêcher de penser que c’est parce qu’il est ADAPTÉ (tiens, essayez de faire un É, ici). Autrement dit, les ordres, les punitions, les tortures (vous êtes démoniaque en torture morale, le coup de se changer pendant qu’il ne vous voit pas… wow) bref l’intégralité de votre domination, votre style, lui vont comme un gant (de fer, certes, mais un gant). IL AGRÉE !
    Punissez le souminateur, vous vous apercevez que ce sont ses fesses qui attirent la cravache, pas votre ferme bras !
    Comme vous, un si vaste sujet me disperse et je sais que je ne finirai pas. Ah, Edgar Morin et son hypercomplexité aurait eu un beau terrain de réflexion, avec la DS (pas sûr d’ailleurs que sa très belle et jeune fiancée brésilienne… ‘fin j’me comprends.)
    Le point est difficile à faire :
    On one hand, mon soumis a besoin d’être surpris, la routine est l’ennemi numéro un. Je vais donc lui faire un truc qu’il déteste. Zut, il adore !
    On the other hand, je sais qu’il adore ceci ou cela… et j’en ai envie. Paf, il en a marre !
    C’est schématique, mais un exemple précis (celui de mon obsession) parle davantage : J’encule (oui, soyons cohérent, c’est comme ça que je lui parle) mon mari. Est-ce que ses cris de douleur m’excitent ?
    Si non :
    Pourquoi lui mettre un si gros truc ?
    Préfèrerais-je qu’il gémisse plutôt de plaisir ?
    Si oui :
    S’il crie moins, devrai-je augmenter le diamètre ?
    Est-il, lui, excité par la douleur ?
    Question subsidiaire et fondamentale à la fois : Est-ce que je m’en fous ?
    Et je ne trace que les grandes lignes des innombrables questions qui se posent, sur ce simple exemple. J’ai une réponse assez simpliste, elle va choquer. Dans la pratique générale, pas de douleur, ni physique ni psychologique qui ne soit agréée. Le sadisme… s’il faut se prononcer personnellement et de façon entière, je n’aime pas et l’argument « c’est pour le bien du soumis » est fallacieux. Je pense que Maîtresse doit se concentrer davantage sur son propre plaisir. Monsieur n’est pas d’accord ? Aucune importance, il est récompensé par le spectacle de mon plaisir, et pis quoi encore, tu veux que je fasse pipi ?.. J’ai pas envie, et t’as pas du repassage ?

  2. Merci et bravo à Marie Séverine et Renaud pour cet échange de qualité qui remet les choses à leur place.

    Avant tout, « Le Respect et l’Amour » dans un couple D/S.

    Toutes les pseudo domina que j’ai pu rencontré sur le site SS dont vous avez parlé récemment sont à côté de la plaque.

    Elles ne recherchent qu’un larbin, un compensation financière, ou un outil de bien-être et rien d’autres.

    Pratiquer le SM dans un couple c’est bien entendu tout autre chose et d’un autre niveau.
    Vous l’avez très bien décrit ici…

  3. Bonjour Madame.
    Ce question-réponse est très instructif.
    J’aimerais rassurer JLCazal la sodomie n’est pas douleur mais plaisir. Surtout quand on est en cage. Le gode de la culotte 2 G est modeste en taille et coulisse parfaitement au bon endroit. Évidemment, en pleine nuit, sans préparation particulière l’intromission peut surprendre (euphémisme). Mais l’encagé y trouve vite du plaisir. Rassurez-vous
    Pour un gode plus gros, il faut un travail mental et physique plus poussé. Mais ce que femme veut, Dieu le veut. Et le plaisir (disons la satisfaction) de couler doucement compense largement les quelques secondes d’intromission qui peuvent être pénibles. Après, le souffle chaud de ma femme sur ma nuque pendant le va et vient me détend, m’ouvre et me fait reculer vers elle pour gober le maximum de son organe. Donc, n’associons pas douleur et sodomie. Et relevons les bienfaits de cet acte sexuel qui olige l’homme à s’offrir, à s’ouvrir, pendant qu’elle mène le jeu et y trouve un plaisir qui m’a toujours étonné. Ma femme, peu portée sur les « accessoires », vibre quand elle enfonce la chose au fond de moi. J’en suis toujours surpris et heureux pour elle.
    Marie-Séverine pourrait sans doute nous expliquer pouquoi cette pénétration hors nature provoque une telle excitation féminine. L’envie du penis ? (Ouille, tapez pas trop fort), fantasme de viol? Sentiment profond de domination?

    Encore une question à Madame.
    Il faut beaucoup d’énergie et de constance pour vivre cette relation avec son mari. Quand mon épouse rentre du boulot, elle est crevée. Je joue mon rôle de ménager. Mais les caresses et autres jeux se passent plutôt en fin de semaine quand elle a récupéré.
    J’ose imaginer que Madame Marie Séverine est indépendante. Travaille à domicile. Ou vit des revenus de son marri. Ça laisse du temps pour l’imaginaire et les envies. Pouvez-vous nous en dire plus sur votre mode de vie, vos occupations, éventuellement votre formation. Car il me semble que la pratique de votre relation conjugale demande du temps libre et un bon niveau intellectuel. Vos écrits en témoignent.
    Au plaisir de vous lire.
    Jean

  4. Bonjour Marie-Séverine,

    Je prends part au débat puisque vous m’y avez aimablement invité.
    Le sujet abordé est vraiment passionnant à mes yeux, puisque nous pratiquons avec mon épouse quelques uns des jeux de D/s que vous évoquez.

    Pour nous, couple quinqua vanille mariés depuis 25 ans avec 2 enfants étudiants, l’amour a réellement été « magnifié » depuis 3 années grâce à ces jeux de D/s qui n’ont de sens à nos yeux qu’un temps, celui passé dans notre chambre à coucher.
    (Tout au plus à l’extérieur, le port d’une prison de Morgane durant 8 jours)

    Et cela s’arrête là!
    Ce qui est déjà probablement beaucoup pour certains!
    Nous estimons qu’au delà de la symbolique de la chambre à coucher, ce ne serait plus un jeu.

    Nous maitrisons ainsi notre relation amoureuse car nous sentons bien, mon épouse et moi, que cette relation pourrait évoluer vers une relation amoureuse Dominante/dominé encore plus puissante et terriblement excitante si ce jeux débordait du cadre de la chambre.
    Mais est-on sûr d’encore conserver toute sa maîtrise de notre amour l’un et l’autre ?
    Pas si sûr!

    Le défaut de maitrise pourrait bien conduire à « l’amour passionnel », voir fusionnel, qui n’est en aucun cas souhaitable dans un couple.
    Car celui-ci implique nécessairement un déséquilibre, et au cas présent, il s’agirait d’une domination féminine et d’une certaine souffrance masculine: La culpabilité de ne pas répondre aux attentes de l’autre, la déception de voir que l’autre n’est pas à la hauteur…

    Or notre volonté commune de maintenir un équilibre parfait entre nous a toujours été notre plus grand défi.
    Il s’agit de maintenir une estime mutuelle, preuve d’une relation saine.
    Relation est le mot clé;
    l’amour n’est pas une passion, ni une fusion, c’est une relation avant tout.

    D’où notre stabilité et l’admiration de nos amis pour notre couple pérenne.
    A notre charge, une sexualité autrefois sans grand intérêt.
    (la fameuse lassitude sexuelle du couple)

    Nous nous contentons aujourd’hui de briser momentanément cet équilibre le temps d’un jeu coquin et complice.

    Avec beaucoup de respect pour le témoignage que vous délivrez en consacrant du temps à ce site utile.
    Je lui souhaite par ailleurs une belle progression tant à l’égard de son fonds que dans sa fréquentation.

    Votre très sincère.
    Xavier

  5. JL Cazal souligne un point important quand elle dit : « Maitresse doit se concentrer sur son propre plaisir et si Monsieur n’est pas d’accord, aucune importance, il est récompensé du spectacle du plaisir de Maitresse ». C’est la ligne qui me guide dans ma posture au quotidien : être offer c’est justement admettre que l’autre puisse chercher son plaisir à souhait. Et que je l’admet. Et si ce plaisir est par exemple une abstinence sexuelle de ma Maitresse, je le supporte; et si au contraire c’est de me pénétrer, je l’admets et si enfin c’est de me demander de lui fair l’amour  » classiquement », je m’exécuter. La seule chose recherchée dans cette posture c’est le plaisir de Maitresse. Conséquemment si dans toutes ces contraintes et acceptations je ne lis pas le plaisir dans ses yeux, alors nous sommes dans une relation d’esclavage et je dis stop / le contrat est rompu. L’un, l’une ou l’autre peut-il me dire si ma hilosophie » est absurde, incomplète ou ….que sais-je…..

    • Un dernier mot, après on peut sans doute zapper le sujet, c’est sans fin, surtout si on ne lit pas attentivement. Jean, j’ai dit ailleurs « se faire sodomiser, c’est bon, très certainement autant pour l’homme que pour la femme » (je voulais bien dire la femme qui se fait sodomiser). Pas besoin de me rassurer, et par ailleurs, c’est le plaisir de Maîtresse qui m’intéresse. Tu évoques ma question sans y répondre : « Comment se fait-il que les dominas y trouvent autant de plaisir ? Quel en est le mécanisme, quel est le rôle de (l’éventuelle, si tu veux) souffrance du soumis ? » Autrefois, on racontait l’histoire du maso qui demande au sadique « fais-moi mal, je t’en supplie » et l’autre lui répond d’un air vicieux « NON, NON ! ». C’est pas très drôle… mais comme dit la pub, c’était avant ! Je me méfie du sadisme comme de la peste, en revanche, je suis fasciné par une femme qui semble jouir quasi-cérébralement en sodomisant. C’est… beau, n’est-ce pas ? La beauté du mystère, nous dirons, et au secours, maîtresses de nos coeurs, répondez-nous. Bon, ça, c’est fait. Jauffrey… d’abord, je suis un homme ! (rire) « Et dans ce monde où tous les hommes se croient debout, je suis le seul à me vanter de me traîner à tes genoux » (Julien Clerc). Oui mon gars, un soumis. A part ça, ta philosophie me convient tout à fait. Un esclave qui n’est là que pour laver, repasser et réparer, puis qui se fait enculer ou insulter sans que Madame ne semble en retirer de plaisir… il doit foutre le camp dare-dare. Même conseil qu’aux femmes qui rencontrent un pervers narcissique. D’ailleurs le parallèle est tentant.
      Paroledhomme, essaie de mieux utiliser le site SS et évite de généraliser…
      Enfin Xavier… heureux homme. Mais ne boude pas ton plaisir, quelle est cette crainte de la passion ? à plus de 50 ? De grands garçons comme vous ? A bien te relire, je me demande si vous ne debriez pas passer par le switch.
      Non, le switch, pas le sandwich ! Interchangez les rôles, tu verras que tu feras un maître splendide, et l’équilibre auquel tu tient tant est conservé.
      Bon, encore désolé, j’arrête mes conneries, mesdames, sinon je vais salir votre salon tout neuf.
      Un thé ?

  6. À l’occasion, et sans nuire au trafic de ce blog bien au contraire, Marie Séverine et ses amies pourraient-t-elles commenter certains textes du blog de Maitresse Ines qui écrit bien et témoigne intelligemment de la posture de domination même si la vie de couple n’est pas sa référence.

    • Marie Séverine

      Bonjour,
      J’ai pris contact avec Maitresse Ines qui m’a répondu. Nous allons correspondre, certainement.
      Voire écrire un article à 4 mains.
      En tous cas merci jauffrey pour le signalement de qualité ^^

  7. Tout d’abord je tenais à renouveler mes remerciements à Marie Séverine que je ne connais absolument pour qui en douterait pour justement accepter un échange voir clairement une confrontation puisque je ne ne suis que très peu en accord avec sa vision.
    C’est tout à son honneur et pour le coup même si je ne change pas fondamentalement d’avis j’admets qu’elle touche aussi des points sensibles et qu’elle m’amène à réfléchir au type de relation Compagne-Maitresse / compagnon soumis que je voudrais vivre.
    Elle n’est pas dans la posture idéologique du moment qu’elle accepte ce genre d’échange
    Sur les commentaires je retiendrai celui de Xavier qui est justement dans le ton de mes échanges avec Marie Séverine.
    Xavier parle d’équilibre quand je parle d’égalité mais nous disons avec des mots différents la même chose.
    Encore Xavier renforce mes commentaires et ma vision lorsqu’il évoque une estime mutuelle.
    Pour répondre aux dernières réponses de Marie Séverine sur mes 4 questions de la vie de tous les jours, disons que je reste dubitatif, il manque véritablement d’équilibre à mes yeux dans ce que je nommerai le circuit de la décision.
    La partie de votre réponse sur la cage est à ce sujet très révélatrice, vous le voyez capable de penser à jouir même dans une soirée entre copains, comme si la part sexuelle de l’homme était le seul moteur. Je vous assure que je peux passer de longue soirée sans jamais penser au sexe.
    Et immédiatement me viendrait à l’esprit de vous interroger sur le pourquoi de ce sentiment en vous, est-il justement si frustré et dans ce cas cela signifie à mes yeux une certaine forme de « violence » que vous lui faites pour qu’il ne puisse pas profiter d’un moment de liberté avec ces copains sans penser à prendre un moment pour se faire jouir ?
    Les autres réactions vont dans un sens excessif, toujours un peu le même Mentra, Maitresse décide de tout nous autres soumis devant tout le temps plier et obéir
    Un peu caricatural et j’ai l’impression de l’ordre du fantasme.
    Je vais être cash et volontairement provocateur pour finir, mais être soumis cela ne veut pas dire perdre tout amour propre, toute révolte… le dire autrement j’espère bien pouvoir dire NON sans jamais hésiter une seule seconde à ma future compagne-Maitresse.

    • Marie Séverine

      Bonsoir Renault
      Cet échange a été un plaisir. Tu sais pourquoi je suppose.
      Ton petit goût pour la provocation ne me déplaît pas.
      Pouvoir dire NON, bien sur, si tu es prêt à passer ton dimanche ligoté au sous sol… pas de problème ^^.
      je pense que tu as compris en quoi la relation D/s est en réalité équilibrée, dans son déséquilibre.
      Nous ne nous lâchons pas, le couple cinétique est le couple tout court., la résultante des forces est nulle, et nous évoluons très lentement, pour ne pas nuire à cet équilibre.
      Quand seras tu prêt ? ^^
      Bonne soirée et encore merci.

  8. Une précision à la relecture de mon post.
    A partir de  » les autres réactions vont dans un sens…. » je ne m’adresse plus à Marie Séverine mais aux différents intervenants.
    Je préfère le préciser.

  9. Pour moi, La définition de la liberté c’est le pouvoir de dire NON. Si cet exercice m’envoie à la cave, ligoté tout un dimanche, pourquoi pas. Mais cela signifie quand même que soumission et liberté ne vont pas ensemble. Ou plus exactement on doit dire que la soumission c’est une liberté « encadrée » et que, dans le cadre, il n’est pas autorisé de dire non.
    Si c’est bien ça, le sujet pour chaque couple c’est de définir le cadre, les codes voire les sanctions.
    Comment définir le cadre…?

    • Marie Séverine

      J’aime bien la notion de « liberté encadrée ».
      Il est clair que mon mari n’est pas libre au sens général. Pour certaines choses, il doit me demander mon accord. Pour d’autres, c’est simplement interdit.
      Du reste, à une certaine phase, je tenais à jour une liste (bien plus longue qu’on ne le croit) de toutes les choses qu’il avait le droit de faire librement.
      Et régulièrement, j’en choisissais une. Interdite, ou soumise à mon accord. A l’essai, ou définitif. Ou définitif (ou abandonné car impraticable) après une période d’essai, dont il devait lui même faire le bilan des avantages pour moi, avant que le couperet ne tombe.
      Finalement plutôt que « liberté encadrée », je dirais plutôt « liberté rabotée », voire sérieusement rabotée ^^

  10. Ah bien merci ! C’est justement là que les couples aimeraient bien profiter de votre expérience ! Visualiser une liste « type » des choses autorisées. Parce que je remarque que vous faisiez une liste lui permettant de mesurer sa liberté et pas une liste des interdits et c’est évidemment très subtil (limite pervers ! ) je le dis avec le sourire …..

  11. Je voudrais souligner la phrase de Marie Séverine qui dit :  » si la perspective de vivre à terme sous la domination QUOTIDIENNE de ta femme ne te convient pas, surtout, ne commence pas ! Les hommes fantasment et jouent. Les femmes construisent et organisent. » Et je pose la question aux initiés qui sont sur ce blog….est-ce bien comme cela que vous avez cheminé ? L’homme n’y a pas cru ….s’est fait prendre / piégé à son propre jeu ? Pourquoi pas si finalement ce piège lui convient. Mais si ce n’est pas le cas !! Le couple explose non ?
    Je suis vraiment preneur de vos expériences. Merci beaucoup.

  12. Bonjour.

    D après ce qu il me semble avoir compris, vous avez glisser du simple jeu vers un art de vivre.
    Votre vie de couple est placé 24/7 sous le régime de la domination , a des degrés divers certes mais il n y a pas de veritable pause possible sauf en cas de force majeur , maladie par exemple.
    Qu est qui vous pousse a avancer toujours plus loin sur ce chemin , votre sentiment de puissance , etes vous griser par ce pouvoir que vous avez sur cet etre humain, une simple satisfaction de votre ego,
    une curiosité de repousser sans cesse vos limites, les votres et les siennes ? Au fur a mesure que vous resserer l etau sur votre mari, votre regard sur lui a t il change, le respect que vous lui portez est il toujours identique d avant la DS , et enfin , le plus important , l Amour que vous ressentez est il toujours , non pas seulement de meme intensité mais surtout de meme nature ?
    Ne voyez aucune critique dans mes propos , seulement des questionnement s d un homme qui aurait peur que la Ds ne dénaturé et altere l amour de son epouse envers lui meme.
    Dernière question pour la route ! Avez vous , vous et ou votre mari , une ligne rouge a ne pas franchir ; cocufiage , mise au courant par la famille ou les proches par exemple ?
    Merci de nous faire partager un peu de votre vie.
    Bonne journée.

  13. Oui c’est bien là la question : ce style de vie, plus il devient extrême, ne contribue-t-il pas à modifier l’image que vous avez de votre mari et, par là, votre amour envers lui (et le sien en retour) ??? Toute ma crainte est là : l’amour est-il gagnant ou dégradé ? La réponse à cette question dépend aussi certainement de chaque couple. Par exemple, je ne comprends pas les dominatrices qui méprisent, par leurs mots, leur soumis. Lady Marie Séverine ne fait pas cela et c’est heureux. Car on peut dominer son partenaire, et très fortement comme le fait MS, sans pour autant le mépriser, au contraire ! D’ailleurs je ne vois pas d’amour s’il devait y avoir du mépris. Je sens plutôt de l’admiration de MS envers son mari soumis.

  14. Je pense, pour avoir été soumis, mais non à ma femme (seulement après mon divorce, et je ne peux m’empêcher de penser que la DS nous l’aurait sans doute évité mais… hasta la vista), que tout l’intérêt du soumis est dans le plaisir de sa maîtresse. Comment l’esclave peut-il imaginer qu’elle a du plaisir à l’enfermer une journée à la cave ? Même question vue de l’autre côté (on va dire… d’en haut !) : Maîtresse éprouve-t-elle du plaisir à cette torture ? Question annexe, car elle peut penser à juste titre faire ça « pour leur bien »: imagine-t-elle que son encavé de mari pense qu’elle en jouit ? J’ai le courage de dire ICI que l’esclave satisfait d’être emprisonné, dans le doute complet du plaisir de sa maîtresse n’est pas un adepte de la DS mais un déviant masochiste. Même courage pour dire que la maîtresse qui aime ce rôle de geolière (sur 24 heures, elle oublie forcément son mari à de nombreux moments) est, au même titre, déviante sadique. Je pousse encore mon courage, la logique de telles dominas devrait les amener à repenser la question des maris qui battent leur femme et prétendent qu’elle aiment ça… Ben; Kin, Jauffrey ont raison de s’inquiéter pour l’évolution des sentiments, mais ça va plus loin : un couple qui se livre, ne serait-ce qu’une fois, à une torture morale de ce type évolue à coup sûr vers moins de bonheur. Il faut être, admettez-le, carrément malade pour pousser le masochisme jusqu’au refus du bonheur, non ? Maintenant, j’ai bien commencé par « je pense que… » et je répète mon soutien à ce site et ma fascination devant la varitété des « styles » de DS qu’on y lit. Reines, mes amours, utilisez-nous pour votre plaisir, et continuez à inventer vos propres lois, il n’y a pas de « code du soumis » comme il y a eu le tristement célèbre « code noir », ce qui me fait parfois hésiter à utiliser le mot esclave (tout en adorant me considérer comme tel, propriété d’une telle merveille)

  15. Marie Séverine

    Bonjour,
    24h de cachot, c’est quasiment impossible dans la vraie vie, JLCAZAL. Enfin, oui, c’est certainement possible, mais pas dans notre mode de vie.
    Cela dit, une partie du dimanche, même une grande partie, j’ai pratiqué. Je vais donc essayer d’en expliquer les ressorts.
    Du coté de mon mari, pour commencer. Il déteste. Rien de maso de son coté, il déteste ce genre d’épreuve ou de punition. C’est du reste un des points qui me plaît. Quand il s’agit de punir, il faut éviter d’imposer des choses que votre mari aime bien ! On peut faire quelquefois des punitions qui s’apparentent à des récompenses, mais c’est un autre contexte.
    Donc mon mari n’aime pas du tout, et dans ce cas il subit.
    De mon coté, il m’est souvent arrivé de ressentir avec grand plaisir le fait qu’il soit enfermé au sous sol ou au garage. Il y a une sorte de jouissance de savoir que l’autre est strictement à sa merci, dans ce qu’il y a de plus « pur » : plus aucune liberté, au moins pour un temps.
    J’avais il y a qq années des discussions avec une autre femme, Liane, qui en parlait très bien.
    Je dois avouer que le plaisir peut aller jusqu’à la jouissance au sens propre.
    Cela dure 1 heure, 3 ou 4, très rarement 8 ou 9.
    Il peut y avoir des activités dont il est privé de facto. Des amis qui viennent qu’il entendra au loin, un repas, un thé entre copines.
    Comme mon mari est chef d’entreprise, il est facile de dire qu’il a du partir pour traiter une affaire/
    Récemment, un ami à lui devait venir rendre un outil qu’on lui avait prêté, et boire un café.
    Un ami qui m’admire beaucoup et qui a l’habitude de venir très près de moi … Mon mari le sait.
    Pas de chance, mon mari avait mérité le sous sol.
    Avant que l’ami en question ne vienne, je suis allé en bas lui montrer la tenue que j’avais choisie pour recevoir l’ami en question … Une robe plutôt … moulante.
    Du reste l’ami a été intenable ^^
    Ces sessions ont une ENORME utilité : mon mari sait que je suis capable de la faire, et qu’il peut même y avoir danger.
    Quand il n’obéit pas exactement comme je le voudrais et que je le menace de cachot, il prend cela au sérieux, je peux vous l’assurer.

    PS : je me permets de rappeler les règles de sécurité … jamais d’entraves de type collier ou bâillon dans un cachot si pas de surveillance, et si possible une caméra de surveillance pour vérifier régulièrement que tout est OK.
    + un objet très bruyant à proximité pour qu’il puisse appeler au secours en cas de problème sérieux.

  16. Bon, désolé MS mais là je ne vous suis plus tout à fait. Vivre à deux c’est partager d’abord ce que nous avons de plus précieux et qui file : le temps. Mettre l’autre en dehors du temps, en dehors de l’échange, en le scotchant comme un otage dans un cave, coupé des autres et de l’action, c’est un choix auquel je n’adhère pas. Je ne vois pas la subtilité, l’intelligence, la valeur que ce choix ajoute à la relation d’amour et d’affection.
    Je pense que la domination est un art plus sophistiqué et que là vous n’en servez pas la cause.

    • Marie Séverine

      Désolée Jauffrey, mais c’est ce que je pratique. Rarement, comme je l’ai précisé, mais pour punir.
      C’est précisément une punition, il n’y a aucun plaisir.
      Je connais beaucoup de couples dans lesquels quand le soumis est puni, c’est plutôt une récompense. Il faut savoir punir, sinon la relation de domination est « en papier ».
      Mais je te rassure Jauffrey, nous passons 99% du temps ensemble ^^
      Sur ce blog, nous racontons ce que nous pratiquons, et bien sur ça ne conviendrait pas à tout le monde.
      Ça ne correspond pas non plus aux relations D/s fantasmées, qui sont axées sur de la densité croissant rapidement, en terminaison éjaculatoire. Ici, l’action est volontairement longue et pesante, dans la recherche de maîtrise, pour que le reste des activités quotidiennes prenne un relief plus consistant.
      En résumé, si un dimanche matin, mon mari, même sans cage de chasteté, même en ayant joui la veille, ne m’obéit pas prestement quand je lui demande de me servir un café, il suffit qu’il croise mon regard une seule fois pour comprendre que le danger est réel, et qu’il vaut mieux se soumettre pour … précisément passer la journée avec moi ^^

      • Merci MS et j’adhère à cette notion de punition qui ne doit pas être une récompense déguisée. Sinon nous sommes en effet dans un simple jeu de domination, avec souminateur et non dans La domination, la domination authentique. Vous dites que la domination doit être « Longue et pesante » , je préfère longue et implacable. Et en matière de punition je persiste : le cachot c’est stérile ! Obligez-le à repeindre la salle de bain, à préparer une fête pour vous et vos copines (à laquelle il ne participera évidemment pas), inventez des travaux « d’intérêt public » !
        Il est peut être utile de dresser sur ce blog un catalogue de punitions et avec la contribution des lecteurs et un sens pratique tout féminin, vous ferez quelque chose de grand !

  17. Marie Séverine, aimez vous votre mari ou ce qu il est devenu ?
    Pourriez vous l aimer autant si la DS n existait plus dans votre couple ?

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